Le concours et les études d’infirmier/ière

Le plan se présente ainsi : le métier, le concours, les études, les perspectives de carrière, puis quelques informations utiles, et enfin une liste de liens intéressants.

1. Le métier

1-1. Devenir infirmier

L’infirmier, ou IDE (infirmier diplômé d’état), exerce son métier après trois années d’études en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) réparties en six semestres et ponctuées de multiples stages hospitaliers et extra-hospitaliers.

1-2. Les rôles et domaines de compétence de l’infirmier

L’infirmier possède deux rôles principaux : le rôle propre (sans prescription médicale) et le rôle médico-délégué (sur prescription médicale/protocole ou en présence d’un médecin).

Un infirmier peut exécuter certains gestes d’urgence (pour lesquels il est formé) sans prescription médicale si la situation le justifie (c’est-à-dire médecin absent et injoignable).

Tous les domaines de compétence de l’infirmier sont établis par les textes de lois.

L’article 5 regroupe les soins dispensés par l’infirmier sur rôle propre ; les articles 6 et 7 les soins sur prescription médicale, l’article 8 les soins sur prescription médicale en présence d’un médecin ; l’article 9 les soins avec la participation d’un médecin ; et l’article 13 est relatif aux soins d’urgence.

Le métier d’infirmier nécessite une grande capacité d’écoute, une forte résistance à la fatigue physique et psychologique et une certaine empathie, tout en restant professionnel en toutes circonstances. L’infirmier doit en outre endosser un degré de responsabilité assez conséquent.

1-3. Le travail en hôpital ou en libéral

1-3-1. Le travail en hôpital

La plupart des infirmiers (spécialisés ou en soins généraux) travaillent à l’hôpital. Les horaires y sont organisés en « postes » la plupart du temps (matin 6 h 30-14 h 30, après-midi 14-21 h et nuit 20-7 h par exemple). En d’autres termes, en devenant infirmier, vous n’aurez pas d’horaires fixes : vos horaires varieront entre le matin, l’après midi et la nuit, et vous travaillerez certains week-ends.

 Cela dit, des horaires de journée fixes (type 8 h 30-16 h 00) sont possibles pour des emplois tels que dans les services de psychiatrie ou de santé publique (crèches, entreprises), même si cela n’est pas une obligation.

1-3-2. Le travail en libéral

Il est possible de choisir de travailler en libéral (à votre compte, à plusieurs, voire en SSIAD). Vous dispenserez alors des soins au domicile du patient.

1-4. Le niveau de vie

Un infirmier en soins généraux dans la fonction publique commence actuellement avec un salaire de 1551,15 € (ce salaire sera revu légèrement à la hausse pour les diplômés de 2012 avec la réforme). C’est la base du salaire, à laquelle il faut ajouter les diverses primes (nuits, jours fériés, week-ends) et forfaits.

Dans le privé, les salaires varient beaucoup entre les établissements, mais sont y sont fixés selon une convention collecte, d’où l’impossibilité de négocier. Pour le passage du public vers le privé, l’ancienneté est souvent reprise, mais il y a des exceptions.

 À côté de ça, le travail en libéral rapporte davantage, mais c’est au prix d’un rythme de travail plus difficile.

 Dans la fonction publique, au cours de votre carrière, vous pourrez gravir les échelons, voire passer dans la catégorie d’infirmier de classe supérieure. Le métier d’infirmier est désormais (pour les promotions depuis 2009) une profession de catégorie A, anciennement B.

 Le départ à la retraite est actuellement repoussé à 62 ans pour les futurs diplômés d’à compter de 2012.

2. Le concours d’entrée en IFSI

L’accès aux études d’infirmier se fait par un concours d’entrée. Ceci dit, le concours n’a rien à voir avec celui de la PACES !

Il est divisé en deux temps : l’épreuve écrite puis (si vous êtes déclaré admissible) l’oral.

 Vous devez commencer par déposer une demande d’inscription après des IFSI de votre choix (chaque inscription au concours vous coûtera des frais de dossier). Renseignez vous bien avant : certains IFSI sont privés, et donc plus chers ! Attention également à ne pas postuler pour plusieurs concours d’entrée le même jour.

En dehors de toute préparation au concours, interrogez vous d’abord sur vos motivations : beaucoup d’étudiants abandonnent le cursus en route parce qu’ils étaient mal informés ou qu’ils ont pris ça par défaut. Soyez certain de votre choix, car il engage toute votre vie !

2-1. L’écrit

Il se compose de tests psychotechniques et d’une rédaction de culture générale sur un sujet sanitaire et social. Chacune de ces deux épreuves dure 2 h et vaut 20 points.

 Les tests psychotechniques permettent d’évaluer entre autre votre logique. Vous aurez à résoudre des masterminds, des calculs simples, des questions d’orthographe… Il ne s’agit pas d’une épreuve très difficile, elle ne nécessite pas beaucoup d’entraînement, néanmoins elle n’est pas à négliger !

 La rédaction de culture générale est très souvent basée sur un texte. Il sera exigé de vous une sérieuse analyse du texte, une certaine culture générale concernant le sujet, et de la logique. Enfin, ne négligez pas la rédaction (orthographe et syntaxe).

 Pour vous préparer, il existe des livres prévus à cet effet dans le commerce. Il est conseillé d’axer les révisions sur la culture générale (principales structures, généralités concernant le système de soins, prise en charge du vieillissement et des maladies neuro dégénératives en France, associations principales…). Le tout est d’en connaître un minimum, sans non plus tout savoir. Enfin, intéressez vous également à l’actualité, car les sujets s’y rapportent souvent.

 Après l’écrit, vous serez déclaré admissibles pour l’oral ou recalés : pour valider l’écrit, il faut au moins 20 points (sur 40) et aucune note inférieure à 8.

2-2. L’oral

Une fois déclaré admissible, vous serez convoqué pour l’oral qui déterminera votre réussite du concours.

 L’oral est composé par un jury de trois personnes : un cadre de santé, un formateur IFSI et un psychologique. L’épreuve dure 30 min : 10 min de préparation du sujet, 10 min d’exposé et 10 min d’entretien avec le jury.

 L’exposé concerne toujours le domaine sanitaire et social. Il s’agit souvent d’une question qui demande un peu de culture mais surtout de la réflexion personnelle : il va falloir démontrer vos capacités d’analyse, votre logique et votre réactivité.

 L’entretien teste vos motivations : ils voudront comprendre ce qui vous a amené ici. Il faut vous attendre à des questions déstabilisantes que vous n’auriez pas imaginé. Les études d’infirmier sont parfois difficiles, et le jury testera votre capacité à résister à la pression, réagir aux imprévus, etc. Le but de l’oral n’est pas de vous éliminer : le jury veut éviter de prendre des étudiants susceptibles d’abandonner en cours de route parce qu’ils se faisaient une autre idée du métier. Préparez certaines questions classiques : vos qualités et vos défauts, etc. Soyez honnête et n’en faites pas trop : le jury appréciera et, dans le cas contraire, saura vous démasquer (n’oubliez pas que ce sont des professionnels habitués au langage du corps).

 Après tout ça, les résultats tombent : vous êtes admissible ou recalé (d’office si vous n’avez pas eu la moyenne à l’oral). Rappelez vous que c’est un concours : il ne suffit pas d’avoir la moyenne pour s’assurer le passage, il faut se classer en liste principale.

Si vous êtes en liste complémentaire, vous pouvez espérer passer tout de même, mais rien ne vous empêche de contacter d’autres IFSI qui manquent d’étudiants !

 Si vous êtes recalés, vous pouvez de nouveau tenter le concours l’année suivante. Renseignez vous aussi sur les IFSI qui organisent des rentrées scolaires en février, vous pourriez gagner du temps.

3. Les études en soins infirmiers

Les études durent trois ans et sont divisées en deux catégories : la théorie (2100 h) et la pratique (2100 h).

 La formation s’organise autour de votre [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Portfolio]portfolio[/url]. Il rassemble les dix actes et compétences (théoriques et pratiques) que vous devrez valider au cours de votre formation.

3-1. Théorie

Au niveau de la théorie, l’emploi du temps est beaucoup plus rempli qu’en PACES : on travaille tous les jours, souvent de 8 à 18 h. Ceci dit, une partie n’est pas obligatoire (cours magistraux), même si elle est importante.

Chaque semestre est ponctué par une évaluation (les partiels) dans le but de valider les ECTS (european credits transfer system) de chaque UE (unité d’enseignement). En fin de formation, il vous sera demandé de soutenir un mémoire (anciennement « travail de fin d’études ») qui devrait demander d’élaborer une réflexion critique sur un sujet de votre choix en rapport avec la formation.

À ce jour, la réforme n’est pas encore appliquée pour les étudiants de troisième année, donc nous n’avons pas d’informations plus précises sur ce mémoire.

3-2. Pratique

Au niveau de la pratique (périodes de stage), vous travaillerez théoriquement avec les même horaires que votre tuteur (un professionnel de l’établissement), mais dans tous les cas vous ferez 35 h par semaine, pendant 5 à 15 semaines. Les stages se répartissent comme ceci : un stage de 5 semaines au semestre 1 (S1), quatre stages de 10 semaines pour S2, S3, S4 et S5, et un stage de 15 semaines (anciennement « stage pré professionnel ») en fin de cursus (S6).

 En première année (S1 et S2), l’objectif des stages est de valider la compétence 3 (soins d’hygiène et confort) qui vous conférera les même responsabilités qu’un aide soignant. Cette compétence est essentielle dans l’apprentissage du métier d’infirmier et vous suivra pendant toute votre carrière et en particulier dans certains services (gériatrie, neurologie…).

Autrement dit, en validant votre première année, vous obtenez l’équivalence professionnelle d’aide soignant (vous pourrez alors faire les jobs d’été, arrêter vos études pour devenir aide soignant, etc.).

Dès la première année, on vous demandera de prendre en charge un ou plusieurs patients (selon votre niveau). Plus vous progresserez dans vos études, plus le personnel sera exigeant avec vous : en fin de troisième année vous aurez presque les même responsabilités qu’un professionnel. Lors des stages, on (le personnel ou l’IFSI) pourra vous demander des travaux (démarches de soin, analyse de pratique, etc.).

 À la fin de chaque stage, votre tuteur remplit avec vous votre feuille de stage et votre portfolio : il indique les compétences validées, les actes réalisés, etc.

4. Les perspectives de carrière

Une fois le diplôme acquis, il est possible de vous spécialiser (voire de vous réorienter) si travailler en établissement de soins généraux ne vous plaît pas.

4-1. IPDE : infirmier puériculteur diplômé d’état

L’entrée en formation se fait sur concours, sans condition particulière. Le concours est constitué d’un écrit puis d’un oral, sur le même principe donc que le concours d’entrée en IFSI, mais cette fois-ci le concours sera davantage axé sur la vérification de vos connaissances acquises à l’IFSI et votre motivation.

 La formation dure un an. Le déroulement de la formation peut être comparé au fonctionnement en IFSI : vous aurez des cours théoriques, et également des stages cliniques.

 L’infirmier puériculteur est un infirmier spécialisé de l’enfance (de 0 à 15 ans). Il peut exercer en hôpital mais aussi en crèches et instituts spécialisés.

4-2. IADE : infirmier anesthésiste diplômé d’état

L’entrée en formation se fait sur concours, à la condition de pouvoir justifier de deux ans d’exercice professionnel en tant que tel (à équivalent de temps plein). Le concours, composé d’un écrit et d’un oral, vérifiera vos connaissances, vos capacités et votre motivation. Votre parcours professionnel peut être déterminant (avoir travaillé en réanimation peut jouer en votre faveur mais ce n’est pas systématique).

 La formation dure cette fois-ci deux ans et comprend des enseignements à la fois théoriques et cliniques.

 Une fois diplômé, vous officierez uniquement en hôpital (sauf si vous choisissez d’enseigner, voir après dans l’article). Globalement, l’infirmier anesthésiste prépare le matériel d’anesthésie et assiste le médecin anesthésiste-réanimateur (MAR) lors de l’intervention. Après celle-ci, l’IADE assiste à la surveillance post-opératoire.

4-3. IBODE : infirmier de bloc opératoire diplômé d’état

L’entrée en formation se fait sur concours, à la condition de pouvoir justifier de deux ans d’exercice professionnel en tant que tel (à équivalent de temps plein).

 La formation dure dix-huit mois et comprend des enseignements à la fois théoriques et cliniques.

 Les IBODE peuvent officier en bloc-opératoire, en salle de stérilisation, dans des structures dédiées à l’hygiène… Le plus souvent, on les retrouve en bloc opératoire : ils assistent le chirurgien en tant qu’instrumentiste, aide-opératoire.

4-4. Cadre de santé

L’entrée en formation se fait sur concours, à la condition de pouvoir justifier de quatre ans d’exercice professionnel en tant que tel (à équivalent de temps plein).

 Les cadres de santé sont retrouvés la plupart du temps dans deux situations : soit dans un service hospitalier, soit dans un établissement de formation (les enseignants d’IFSI sont par exemple des cadres de santé !).

 Ceux-ci ne font plus de soins et ne prennent plus en charge de patient. Ils sont en réalité en charge de l’équipe soignante paramédicale (infirmiers et aides-soignants principalement) dont ils effectuent les horaires. Mais leur fonction ne s’arrête pas évidemment pas là et est complexe. Ce sont en effet eux qui prennent en charge une bonne partie de l’administration d’un service et sont le lien entre l’équipe et la direction. Ce sont, entre autre, des managers.

4-5. Cas particulier : les masters

Depuis 2009, un master de sciences cliniques infirmières (de pratique avancée) s’est ouvert à Aix-Marseille II afin de permettre aux praticiens qui le souhaitent d’améliorer leur savoir-faire et pourquoi pas, d’élargir leur champ de compétences. Ce master est encore en évolution et les ouvertures professionnelles à la suite de ce master restent encore très floues. Le master dure deux ans : une année de tronc commun puis une année de spécialisation.

 Pour en savoir plus, consultez ce lien : http://www.ehesp.fr/formation/formations-diplomantes/master-sciences-cliniques-infirmieres/

4-6. Autres voies possibles non spécialisées

Il vous est possible en tant qu’infirmier en soins généraux de travailler ailleurs qu’en milieu hospitalier sans pour autant passer de nouveau par la case « études ».

 Les perspectives sont plutôt vastes : vous pouvez devenir infirmier libéral, infirmier scolaire, devenir infirmier hygiéniste, travailler dans la santé publique (entreprises)… De nombreuses informations sont disponibles sur les sites concernés.

 Si vous souhaitez changer de voie, sachez enfin que vous pouvez relancer vos études en tentant d’intégrer certaines licences par la deuxième ou troisième année (selon le degré de comparaison entre les études en soins infirmiers et la licence que vous souhaiterez intégrer), une fois que vous aurez votre diplôme d’infirmier. Pour cela, renseignez-vous auprès des universités concernés, car chaque dossier de demande d’inscription présente ses particularités.

5. Informations utiles : financement des études, associations…

5-1. Financement des études

Si vous étiez titulaire d’une bourse du CROUS en PACES, il est fort probable que vous ayez droit à un financement en IFSI. Cela se fait par l’intermédiaire du Conseil Régional du Nord. Cette « aide à la formation sanitaire et sociale » vous est délivrée sur critères sociaux (du même type que ceux du CROUS) mais attention : les plafonds ne sont pas les mêmes (les sommes versées sont généralement moins importantes en comparaison).

 Les dépôts de dossier pour le Nord se font généralement durant les grandes vacances pour une rentrée en septembre de la même année. Les premiers mois de bourse ne tombent généralement qu’en décembre, prévoyez donc de quoi payer les trois premiers mois de formation s’il vous incombe chaque mois des dépenses particulières… Pour finir, dans la plupart des IFSI, on vous demandera d’acheter un lot de plusieurs tenues de travail, une paire de ciseaux et une pince Kocher (le tout environnant entre 100 et 200 € le plus souvent). L’achat de chaussures de travail (type Crocs par exemple, mais attention, certains IFSI interdisent ce type de chaussures, attendez donc la rentrée pour en acheter) vous incombe également.

5-2. Association étudiante

Il existe une association d’étudiants infirmiers au niveau national, la FNESI. Elle vous est accessible en cas de n’importe quelle question concernant les études et les problèmes qui peuvent y être liés. C’est en effet surtout une organisation de défense des étudiants. Elle a également pour rôle d’organiser des colloques, ou encore de mener des marches de réflexion sur l’évolution de la profession. Restez de temps en temps informés de leurs actions qui peuvent être une véritable aide pour votre avancement dans la formation.

 L’association siège à Paris.

 Il existe beaucoup d’autres associations qui sont elles au plan régional, mais la plus importante reste la FNESI.

6. Sites et liens utiles

Tout d’abord le plus important et celui à connaître absolument : http://www.infirmiers.com/

Ce site regorge d’informations et dispose également d’un forum dédié à chaque étape de la carrière d’infirmier, du concours à la profession, voire la spécialisation si vous êtes concerné.

Le forum peut parfois être d’un bon soutien et est très actif.

Les différentes parties du site contiennent des supports de cours, des aides méthodologiques, des renseignements sur les spécialités, sur le côté administratif de la profession, bref, toutes les questions que vous vous posez ou poserez y trouveront réponse ici. Il y existe également des offres d’emploi et une boutique.

 Vous avez également à votre disposition le site de l’association étudiante :  http://www.fnesi.org

 Ce sont ici les principaux sites à connaître pour envisager une carrière dans les soins infirmiers…