La P2 dentaire et les études de dentaire

1. La P2 dentaire

La P2 dentaire est un changement drastique de mode d’apprentissage. On sort de la PACES qui ne consiste qu’en des cours théoriques et des révisions, et on arrive devant des salles de TP, des simulateurs…

Elle se divise en deux parties : la théorie et la pratique. On pourra également ajouter : l’option, le C2i, le stage et l’AFGSU qui sont des modules dont la validation est indispensable pour le passage en P3.

Remarque : pour la rentrée dentaire, vous aurez pas mal d’achats à faire. Ce sera normalement très bien encadré par le système du parrainage et bien expliqué dans le trombinoscope. Mais sachez que les études dentaires ont un certain coût (le matériel à acheter soi-même représente une grosse centaine d’euros pour les boursiers (énormément plus pour les non boursiers), et il y a beaucoup de petits frais annexes).

1-1. La théorie

C’est la partie qui ressemble bien à la PACES : des cours en amphithéâtre, des révisions, des examens… Même si bien sûr, il y a de gros changements : l’existence d’une ronéo, un unique amphithéâtre qui ne sera jamais plein, une certaine proximité avec les professeurs (beaucoup plus d’interactions) et des examens beaucoup moins sélectifs, et beaucoup plus variés (questions rédactionnelles en majorité).

Quant au contenu des cours, il y a très peu de redondances avec l’année de PACES, et quasi aucune continuité. Les cours vont droit au but, et dans les premières semaines on apprendra les bases. Il y a les cours destinés à la pratique, et ceux plus théoriques (immunologie, biostatistiques…).

La théorie de P2 est vraiment beaucoup, beaucoup plus simple qu’en PACES. On observe souvent un énorme relâchement des étudiants en P2, ce qui leur vaut parfois de grosses difficultés aux examens. Mais avec un travail régulier et sérieux, c’est presque impensable d’avoir des soucis.

Gros changement à signaler également : l’apparition des rattrapages. En effet, si vous ne validez pas la théorie lors de la première session, il existe une session de rattrapages. Les semestres 1 et 2 sont indépendants, donc vous devez les valider tous les deux (si vous ne validez pas le S1 par exemple, vous passerez le S1 aux rattrapages, quelle que soit votre note de S2 : il n’y a pas de compensation). À noter que la note éliminatoire en théorie est de 5/20 (si vous avez une seule note éliminatoire, vous repassez toutes vos notes en-dessous de la moyenne aux rattrapages).

1-2. La pratique

Grosse nouveauté dans les études de l’ex-PACES : les travaux pratiques ! L’année commence par l’achat d’une caisse à outils qui sera bien remplie.

Dentaire, ce n’est pas que de la turbine, c’est aussi savoir manier les différents matériaux : plâtre, cire, résine… C’est là que se situe la difficulté de la deuxième année. Il faut apprendre à utiliser correctement à son matériel très rapidement, dans des conditions pas toujours évidentes (travailler dans une bouche est très difficile au début).

Il y a différents types de TP, mais les deux plus marquants sont l’OCE (odontologie conservatrice – endodontie) et la prothèse (amovible et fixée). L’OCE consistera à apprendre pendant un an à faire les curetages carieux (manier la turbine) et à les combler avec un matériau d’obturation (amalgame ou composite). La prothèse consistera en l’apprentissage de l’utilisation du plâtre, de la cire, mais aussi à l’utilisation de l’articulateur, le tracé de plaque, etc.

Comme pour la théorie, les deux semestres sont indépendants et à valider tous les deux. La note éliminatoire y est de 8/20 !

1-3. L’option

Les options disponibles en P2 dentaire n’ont pas grand chose à voir avec la santé dentaire : anglais, sport, musique, économie… L’option doit être validée (en première ou deuxième session), sinon l’année n’est pas validée ! Mais ça ne représente pas la principale difficulté (pour rappel, c’est la pratique le plus difficile).

1-4. Le C2i (certificat d’informatique et d’Internet)

Vous savez tous ce qu’est le C2i. Il faut juste le valider (avoir 10/20 globalement). Vous pouvez aussi obtenir le diplôme (avoir 10/20 à chaque sous-partie de l’examen).

Au début de l’année, vous ferez un examen de positionnement qui déterminera si vous aurez les cours en groupe ou à distance, mais dans les deux cas vous aurez des travaux à rendre au cours de l’année.

1-5. Le stage

C’est un stage d’observation de 4 demi-journées qui doit être faire dans le cabinet d’un dentiste agréé. À noter que votre dentiste peut remplir les papiers nécessaires pour être agréé par la faculté. Les 4 demi-journées peuvent être prises n’importe quand dans l’année (jusqu’en mai), mais pas pendant les cours évidemment.

C’est l’occasion d’observer le travail sur le terrain. Il ne s’agit que d’observation pure : de toute façon, vous n’aurez pas vraiment envie de vous lancer aussi tôt ! C’est aussi l’occasion de faire connaissance avec un dentiste qui vous fournira en dents naturelles (nécessaires dès la D1 !).

1-6. L’AFGSU (attestation de formation aux gestes et soins d’urgence)

En tant que dentiste, vous serez responsables dans une certaine mesure de tout ce qui peut arriver dans votre cabinet. Si un patient fait un malaise, une crise cardiaque…

L’objectif n’est pas de vous transformer en urgentistes aguerris, mais de vous apprendre à réagir dans la limite de vos capacités : ne pas empirer l’état du patient, savoir appeler correctement et rapidement les services concernés, etc. Ça représente 2 jours après les examens du second semestre, en juin.

2. Les études dentaires

Je vais décrire très succinctement le reste des études dentaires, que je ne connais pas personnellement.

Après la P2 vient la P3, année qui lui ressemble fortement : des cours, des TP. La P3 a la particularité de commencer par une bonne dose de « cours de médecine » (cours très généraux donnés par des professeurs de médecine : ophtalmologie, cancérologie, etc.). La P3 est ressentie comme plus facile, moins stressante que la P2. Dès la D4, il y a la clinique : l’étudiant doit pratiquer sur des patients bien réels ! Toujours avec des cours et TP.

En D5, la quantité de cours et de TP diminue, et la quantité de clinique augmente. En T1 (cycle court), l’étudiant est censé commencer sa thèse (il aura trois ans pour la valider). À partir de cette année là, l’étudiant a la possibilité d’effectuer des remplacements en tant que dentiste. L’étudiant ressort avec le diplôme de chirurgien dentiste, et la possibilité de s’installer.

3. Les formations post-universitaires

Elles sont très variées, et changent régulièrement à cause de réformes récentes, alors je vais les résumer rapidement.

3-1. La formation continue

Elle est obligatoire pour les chirurgiens dentistes libéraux. Il s’agit de conférences avec un système de points.

3-2. Les diplômes universitaires et inter-universitaires

Ils doivent disparaître depuis deux ans déjà, mais existent toujours. Ce sont des formations réservées aux thésés. Elles durent un à deux ans et peuvent se faire en parallèle avec le travail au cabinet. Elles coûtent cher.

3-3. Les certificats d’études supérieures

Ils sont réservés aux thésés. Ce sont des diplômes nationaux, très théoriques. La formation est incompatible avec le travail en cabinet.

3-4. Le cycle long : l’internat

À la place de la T1, l’étudiant peut, s’il a passé avec succès le concours d’entrée, s’inscrire à l’internat pour un des trois diplômes suivants : le diplôme d’études supérieures en chirurgie orale (DESCO), le diplôme d’études supérieures en odontologie dento-faciale (DESODF : c’est l’orthodontie) et le diplôme d’études supérieures en médecine bucco-dentaire (DESMBD). Les places sont très très limitées (une à cinq) pour chaque diplôme.

3-5. Le master

Il est composé du M1 et du M2. Le M1 peut se faire dès la D1, comme une sorte d’option. L’objectif est d’aboutir au M2 (faisable dès la fin de T1), voire également à la thèse de science. L’inscription au master se fait par CV et lettre de motivation. Le master facilite grandement l’accès à l’enseignement ! La thèse de science est indispensable pour accéder au poste de MCU-PH.