Masso-Kinésithérapie : les études, la profession

1. Présentation de la profession

1-1. Le Masseur-kinésithérapeute, MK ou « kiné »

C’est un professionnel de santé qui va assurer la rééducation motrice et fonctionnelle d’un patient, de façon manuelle ou instrumentale, en pratiquant des actes de massage, des mobilisations passives et actives, des techniques de gymnastique, de la physiothérapie, etc. Il donne aussi des conseils au patient afin qu’il puisse s’auto-rééduquer et éviter de rencontrer à nouveau les mêmes difficultés.

Il vise ainsi à prévenir, rétablir et suppléer les altérations des capacités fonctionnelles et également  à réduire, voire supprimer la douleur. Les patients souffrent de traumatismes divers : accidents du sport ou de la route, paralysies, troubles neurologiques, affections respiratoires, circulatoires ou rhumatismales, etc.

En tant que professionnel paramédical, le MK est généralement consulté sur prescription médicale. À l’issue de cette prescription, la prise en charge du kinésithérapeute s’organise de la manière suivante :

  • un bilan kinésithérapeutique (où il va accueillir le malade, s’entretenir avec lui, consulter les documents relatifs à son traitement comme le dossier médical, ordonnance, radiographie, et l’examiner) à partir duquel il découle un diagnostic ;
  • à partir du diagnostic, le kinésithérapeute va définir des objectifs de soins qu’il tentera d’assurer au cours de sa prise en charge, à l’aide de techniques qu’il aura jugé les plus appropriées pour atteindre ces objectifs de soin (soigner son patient).

Devenir masseur-kinésithérapeute requiert :

  • une bonne santé physique et de la résistance ;

Le travail du masseur-kinésithérapeute est avant tout physique : il accompagne la plupart des mouvements de ses patients, met en place des appareils de rééducation et, surtout, travaille toujours debout (donc, on oublie les pieds croisés derrière le bureau !).

  • de l’attention et de l’empathie ;

Chaque traumatisme est singulier : une erreur de mobilisation de la part du praticien peut être lourde de conséquence, il doit faire preuve de douceur et être à l’écoute de ses patients.

  • de la disponibilité.

Surtout pour le masseur-kinésithérapeute qui exerce en libéral et qui doit s’adapter aux horaires de ses patients : son cabinet reste souvent ouvert tard dans la soirée.

Contrairement à d’autres spécialistes, le masseur-kinésithérapeute rencontre une « patientèle » très variée allant des personnes âgées aux jeunes adultes, ou encore des sportifs, des enfants et des nourrissons.

Le métier n’est, selon beaucoup, guère envisageable pour les constitutions trop frêles : pour pouvoir soulever et porter des personnes adultes, il faut être robuste. Cependant, rassurez-vous, mon professeur de biomécanique et d’évaluation musculaire (testing) nous disait souvent « ce n’est pas un problème de morphologie ou morphotype, mais un problème de technologie. Il faut justement savoir adapter sa technique et aussi s’adapter nous-même au patient car vous ne pourrez parfois pas coller exactement la théorie sur lui ».

La majorité des kinés français, 80 % des masseurs-kinésithérapeutes, exerce en libéral. Ils reçoivent dans leur cabinet, mais ils se déplacent aussi pour s’occuper de patients immobilisés à leur domicile. Les autres sont salariés d’un hôpital, d’un établissement thermal ou d’un centre de rééducation.

1-2. Les domaines d’intervention

Ils sont très variés et vont du nouveau né jusqu’aux personnes âgées : pédiatrie, gériatrie, centre de rééducation fonctionnelle, établissement thermal, sport, ergonomie, enseignement (il faut obtenir le diplôme de moniteur cadre kiné, un an d’étude dans une école de cadres spécialisés)…

Il intervient également dans le domaine sportif en cas de traumatisme musculaire, par exemple, (remise en forme, relaxation, massage) et en thalassothérapie (balnéothérapie, hydrothérapie…).

1-3. Quelques mots sur les revenus

Dans le secteur public hospitalier, les salaires nets sont compris entre 1400 € par mois pour un kiné débutant et 2400 € pour un cadre de santé en fin de carrière.

En libéral, les revenus sont évidemment fonction de l’importance de sa « patientèle », la rémunération se faisant à l’acte, en fonction du traitement. En moyenne cela représente 3000 € par mois.

Ndlr : certains arrivent à avoir des revenus plus conséquents en libéral, seulement c’est souvent au détriment du patient et de sa prise en charge.

1-4. Les conditions de travail

Le masseur-kinésithérapeute exerce le plus souvent en étroite collaboration avec les médecins, le personnel soignant et de rééducation. Une bonne résistance physique est indispensable car la manipulation des malades et les massages exigent des efforts soutenus.

Il existe des contre-indications à l’exercice de la profession comme les déficiences respiratoires ou circulatoires et les troubles liés à la station debout.

L’emploi à titre libéral demande une certaine disponibilité : le cabinet reste ouvert tard le soir ou s’ouvre tôt le matin avant les heures de bureau. On doit prévoir des visites à domicile auprès des malades immobilisés. Il se pratique en cabinet individuel ou de groupe ou en association.

L’emploi à titre salarié s’effectue dans les établissements hospitaliers, les dispensaires, les établissements thermaux et de rééducation fonctionnelle. Les horaires sont plus réguliers.

2. La formation

Avant de vous lancer dans ces études, il faut être conscient de leur coût : environ 4200 € par an quelle que soit l’école choisie. Il y a néanmoins possibilité d’obtenir des bourses auprès du Conseil Régional, ou d’échelonner les paiements, ou alors de faire un prêt étudiant avec votre banque.

2-1. L’année du concours

2-1-1. L’année du concours d’entrée par la PACES

Pour pouvoir être admis dans l’un des deux établissements lillois, il faut se soumettre au concours en passant par la PACES ou la L1 STAPS et choisir de suivre le module « kiné » représentant 72 h de cours, se déroulant le jeudi après midi, découpés en quatre modules :

  • module 1 (16 h) : généralités en biomécanique et notions générales de physiologie articulaire appliquées à la kinésithérapie : vous allez commencer à comprendre comment se comporte la mécanique du corps. ;
  • module 2 (26 h) : technologie et bilan en masso-kinésithérapie, bilan diagnostic ; kinésithérapique, dossier du patient, généralités sur les techniques de masso-kinésithérapie : c’est un module assez costaud où vous allez avoir des notions concernant la technologie en kinésithérapie, comme les massages, la physiothérapie, et bien d’autre encore ;
  • module 3 (16 h) : psychologie, éthique ;
  • module 4 (14 h) : anglais médical : rien d’insurmontable !

Les épreuves sont exclusivement composées de QCM. Le rang de classement déterminé à partir de la moyenne des notes obtenues dans ce module et le tronc commun de la PACES (coefficients « médecine »).

Quelques jours avant les épreuves du module kiné, vous recevrez un courrier pour mettre en choix 1 ou choix 2 les écoles lilloises. Si vous êtes bien classé, votre choix 1 sera respecté, sinon vous serez affectés d’office vers votre choix 2.  Mais qu’on se le dise, la formation est la même, et vous accéderez tous au final au même diplôme d’état !

2-1-2. L’année du concours d’entrée par la L1 STAPS

De la même manière que par le PACES, le concours d’entrée en école de masso-kinésithérapie prépare à l’entrée dans les 2 écoles lilloises. Un quota, définit en début d’année, fixe le prorata d’entrées des étudiants provenant des 2 filières PACES et STAPS. Aujourd’hui, ce quota ne peut dépasser 60/40 % : autrement dit il ne peut y avoir moins de 60 % d’étudiants ayant suivi la PACES entrant dans les 2 écoles.

Concernant les modalités du concours par la Licence STAPS. L’année peut se découper en trois parties.

2-1-2-1. Le 1er semestre en STAPS

2-1-2-1-1. Sciences de la vie

Ce sont :

  • l’anatomie descriptive (anatomie générale) ;
  • l’anatomie descriptive (système musculo squelettique) ;
  • la physiologie de l’effort ;
  • la biomécanique.

Ndlr : module très important pour le concours… et pour la suite de votre cursus !

2-1-2-1-2. Psychologie

Ndlr : M. Dufour, c’est de la psychologie cognitive, ses cours sont tous simplement géniaux !

2-1-2-1-3. Histoire des activités physiques

Ndlr : M. Vincent est un professeur très carré, cultivé, intéressant, malheureusement, si vous n’aimez pas approfondir votre culture générale ça va être long… Et préparez-vous à apprendre des dates…

2-1-2-1-4. Déterminants scientifiques

Ce sont :

  • l’anatomie fonctionnelle ;
  • la psychologie du handicap.

Ndlr : en ce qui concerne l’anatomie fonctionnelle, c’est une bonne introduction pour les cours en K1. En ce qui concerne la psycho du handicap, si ça n’a pas changé… imbuvable. Et ne prépare absolument pas aux cours de psycho de 1re année de kiné, cependant, rien n’y prépare…

2-1-2-2. Le 2e semestre en STAPS

De manière générale, le 2eme semestre est moins « accrocheur », s’attarde sur des matières qui attirent moins que la psycho, l’anatomie ou la physiologie du 1er semestre. Il s’inscrit plus dans la perspective pédagogique et la poursuite des études dans la filière STAPS. Il ne faudra néanmoins pas relâcher les efforts…

2-1-2-2-1. Enseignements fondamentaux

Ce sont :

  • la sociologie ;
  • la science de l’éducation ;
  • la psychologie.
2-1-2-2-2. Déterminants de la personne

Ce sont :

  • la physiologie de l’exercice ;
  • la psychologie de l’enfant.

Ndlr : bien suivre la physiologie de l’exercice, c’est bonne introduction aux cours de K1, quant à la psycho c’est pas facile, et pas forcement intéressant (cf. remarque plus haut).

2-1-2-2-3. Anglais (en TD)

Ndlr : une matière ou il ne faut pas perdre de points, bonne note accessible avec un peu de sérieux.

2-1-2-2-4. Science de la vie

Ce sont :

  • la condition physique (TD) ;
  • l’anatomie fonctionnelle (TD).

Ndlr : le sérieux dans les TD d’anatomie vous donnera des bases solides pour la K1 !

2-1-3. L’enseignement en masso kinésithérapie

Ce sont les mêmes cours, effectués par les mêmes professeurs pour la PACES et la filière STAPS. Ces cours ont lieu le jeudi après-midi de 12 h 30 à 16 h 30 ou de 16 h 30 à 20 h 30. Les cours ont lieu de septembre à avril/mai. L’épreuve se déroule en général après les épreuves de STAPS du 2e semestre.

L’établissement du classement final s’effectue selon les modalités suivantes :

  • Note du  1er semestre = 25 %
  • Note du 2e semestre = 25 %
  • Note du module « kiné » = 50 %

De manière plus générale :

  • la communication des infos à la fac est assez performante (affichage clair, emploi du temps par groupe sur internet, contenu de cours en ligne…) ;
  • le stationnement sur le parking est un sport qui finira par être olympique… ;
  • il ne faut pas de faire d’illusion : la réussite au concours passe par un travail sérieux, dès le début de l’année (ça ne signifie pas non plus s’enfermer 24/24 et 7/7, mais étant donné que l’emploi du temps laisse pas mal de créneaux libres, profitez-en !) ;
  • être présent au cours est quasi indispensable pour réussir, l’évaluation se faisant par QCM, chaque détail peut avoir son importance (vous aurez d’ailleurs, votre relevé de note du 1er trimestre avec les notes et votre classement : il permettra de vous situer) ;
  • l’entraînement aux QCM est indispensable (à mon grand regret il formate à apprendre bêtement, ne favorise pas la mémorisation (demandez à M. Dufour) mais c’est le système imposé : donc pour réussir, il faut faire, faire et refaire des QCM) ;
  • en ce qui concerne le quota, si l’on regarde les chiffres des années précédentes, le quota d’entrée en école réservé à la filière STAPS est d’environ 65 places : le nombre d’inscrits se présentant est très variable, il n’est pas impossible d’avoir 500 personnes inscrites ;
  • avec un peu de recul, la filière STAPS permet la construction de bases solides en anatomie, surtout sur le système musculo squelettique, la physio de l’effort et la condition physique (on peut noter une carence concernant la vascularisation et l’innervation du corps… mais ceci sera rattrapé en K1.).

2-1-4. Sélection directement après être sorti du bac

Ce mode de sélection va probablement tendre à disparaître, durant les années qui viennent, au profit d’une sélection universitaire par PACES ou la L1 STAPS. Cela entre en concordance avec la dernière annonce de réforme sortie concernant les études de Masso-Kinésithérapie. Cf.  Réforme à venir de l’enseignement en Masso-Kinésithérapie

2-2. La première année : MK1 ou K1

La K1 est une année riche en enseignement théorique mais également pratique. Ce sera également l’année la plus « tranquille » de votre cursus en école de kinésithérapie, en travaillant régulièrement bien évidemment.

Pour les heureux élus, il reste donc 3 ans avant d’obtenir le diplôme d’état (DE). Les études s’effectuent dans un institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK). Concernant Lille, il y a deux écoles.

2-2-1. Les deux écoles

2-2-1-1. L’institut de kinésithérapie – podologie – orthopédie (IKPO) de l’université catholique de Lille

Les promotions comptent généralement 80 étudiants. Il y a autant de travaux pratiques (TP) que de cours magistraux. Les journées sont grossièrement découpées en demi-journées composées soit de cours magistraux (cours en salle de classe), soit de travaux pratiques.

Les TP se déroulent par groupe de 20 avec un professeur (pas forcément celui qui vous enseigne la théorie en cours magistral), il y règne une bonne ambiance et ça permet d’appliquer rapidement les notions apprises en cours. Vous apprendrez à palper les muscles sous la peau, masser, mobiliser, et bien d’autres choses encore !

Les horaires en semaines vont de 8 h à 18 h, voire 19 h parfois, du lundi au vendredi. Il arrive également de ne pas avoir cours certains après midi. Seulement, ça dépend surtout de votre groupe de TP et de son planning de roulement des heures de pratiques, parfois vos semaines seront chargées et parfois elles ne le seront pas.

Cette année, et comme les suivantes, les examens seront composés d’écrits, d’oraux  et/ou pratiques  répartis en trois sessions d’examens, un par trimestre : Il ne faut pas se faire piéger par ce rythme d’apparence tranquille, donc travaillez régulièrement !

Ndlr : à ce propos, la pratique est très importante en kiné, alors dès que vous avez un trou en journée, pratiquez ! Vous vous préparerez ainsi sereinement aux oraux !

Pour accéder à l’année supérieure, chaque module doit être validé, ainsi que les stages. Une moyenne de 10/20 est exigée à l’ensemble des contrôles du module. La K1 se concentre essentiellement sur quatre modules comportant :

  • le module 1 : anatomie − morphologie − cinésiologie et biomécanique de l’appareil locomoteur ;
  • le module 2 : physiologie humaine ;
  • le module 3 : pathologie − psychosociologie ;
  • le module 4 : technologie en masso kinésithérapie − activités physiques et sportives.

Si un ou plusieurs modules ne sont pas validés, vous pouvez bénéficier d’un examen de rattrapage portant sur la totalité du ou des modules. En cas de redoublement, vous recommencez à zéro, c’est à dire que vous perdez le bénéfice de tous les modules, y compris de ceux qui avaient été validés.

Enfin au sujet des stages, ce sera 70 h de stage d’initiation à la kinésithérapie en milieu hospitalier : un stage d’une semaine à temps plein fin janvier/début février et un stage de deux semaines à mi-temps (le matin) en juin. Dans cette école, vous choisirez vous même parmi plusieurs terrains sur une liste fournie par l’école par groupe de choix 1, 2 ou 3, donnant l’ordre de choix. Cet ordre change à chaque changement de terrain de stage pour les groupes.

2-2-1-2. L’institut de formation en masso-kinésithérapie du Nord de la France (IFMKNF) de l’université Lille 2

Ndlr : pour cette école, la formation est sensiblement la même donc je ne redétaillerai pas certains éléments, mais je vais parler de quelques différences d’organisation.

La promotion comporte un peu moins de 100 étudiants. L’emploi du temps est découpé de façon à ce qu’il y ait TP le lundi matin, mercredi matin et jeudi matin.

Le rythme d’évaluation est plus soutenu qu’à l’IKPO, les examens ont lieu toutes les 3 semaines le vendredi matin. Il faut donc également travailler très régulièrement.

Côté stage, il y a un stage extra-hospitalier de 10 h avant les vacances de février et un stage temps partiel (matin) d’un mois en juin. Le terrain de stage est défini par le responsable pédagogique, mais il essayera toujours de s’arranger pour que tout le monde puisse pratiquer dans tous les domaines de la MK : traumatologie, rhumatologie, neurologie, gériatrie, etc.

2-2-2. Des choses à acheter ?

Il n’y a pas de matériel à acheter en kinésithérapie, pas mal de choses vous sont fournies le premier jour par les assurances et mutuelles étudiantes (LMDE ou SMENO) comme le goniomètre ou le crayon dermique. Au cours de l’année, du matériel est parfois proposé, s’il est nécessaire à certains TP, donc ne vous inquiétez pas !

Néanmoins, je ne saurais trop vous conseiller d’acheter quelques-uns de ces quelques livres. Ces deux premiers seront surtout utiles en MK1 :

  • Anatomie de l’appareil locomoteur, de Michel Dufour (en 3 tomes, Réf. IKPO) ;
  • Le bilan musculaire, de Daniels et Worthingham (Réf. IKPO, plus pour l’IFMKNF).

Quant aux suivants, mettez un peu d’argent de côté, car ils sont un peu coûteux, mais ce sont des mines d’informations qui vous seront utiles tôt ou tard :

  • Physiologie de l’appareil locomoteur, de Adalbert-I Kapandji (en 3 tomes) ;
  • Kinésithérapie, Edition Flammarion (en 4 tomes).

2-3. Les deuxième et troisième années : MK2 et MK3

En K2 et en K3, vous allez en apprendre plus sur les différentes pathologies et techniques de rééducation kinésithérapique. On entre donc ici réellement dans le vif du sujet, et l’on commence à prendre conscience de ce que sera notre profession.

L’enseignement portera, de façon non exhaustive, sur les matières suivantes :

  • neurologie (anatomie, physiologie, pathologies et rééducation) ;
  • rhumatologie (pathologies et rééducation) ;
  • respiration (anatomie, physiologie, pathologies respiratoires et rééducation) ;
  • traumatologie (fractures, luxations, entorses…) ;
  • pathologies congénitales et leur rééducation ;
  • gymnastique médicale (KLAPP, Mézière…) ;
  • physiothérapie ;
  • drainage lymphatique manuel ;
  • BGM (technique de massage réflexe) ;
  • etc.

À travers les stages, on est aussi amené à combiner les cours théoriques suivis durant l’année avec toutes les bases de la K1. Cela permet d’employer toutes les techniques sur le terrain et d’être confronté aux problématiques du « corps malade » de façon concrète.

Ainsi, au cours de ces différentes expériences, on devient progressivement beaucoup plus autonome et on finit par acquérir une bonne expérience du terrain.

Est-ce qu’on a une vie en K2 et en K3 ? Bien sûr que oui, on n’est plus en PACES ! Vous pourrez toujours de temps à autre faire du sport le soir, organiser des sorties, faire des soirées, partir en week-end… Cela dit, il faut bien sur travailler régulièrement aux vues du rythme qui est plus soutenu qu’en K1. En contrepartie, ce sont des années (avec la K3) passionnantes où on apprend énormément.

À l’issue des 3 années, la formation est sanctionnée par un diplôme d’état. Deux sessions ont lieu chaque année, l’une en juin, l’autre en Septembre. Pour s’y présenter, les étudiants doivent avoir validé l’ensemble des modules figurant au programme ainsi que tous les stages hospitaliers, et déposé le travail écrit réalisé en stage interné (stage à temps plein se déroulant entre la K2 et la K3). Seront reçus au diplôme d’État les candidats qui ont obtenu au moins 60 points sur 120 à un total de points se décomposant comme suit :

  • note de la soutenance du travail écrit effectué au cours du stage temps plein de l’été : 60 points ;
  • note calculée en effectuant la moyenne des notes obtenues aux 12 modules de 2e et de 3e années : 60 points (écrits, oraux et épreuves pratiques de stages MSP/MSC).

2-3-1. La K2 et la K3 à l’IKPO

En K2, il y a stage tous les matins de 8 h à 12 h en général, puis reprise des cours vers 13 h jusque parfois 19 h – 20 h. En K3, il y a une alternance entre le stage à temps plein, et les cours à temps plein : 4 semaines de stage en septembre, 5 semaines en novembre-décembre, 4 semaines en février-mars et 5 semaines en avril-mai.

Vous aurez quatre lieux de stages différents dans l’année, tout ça permet de voir les différentes organisations, manières de travailler, et de prises en charge des patients. Choisissez des lieux de stage totalement différents pour découvrir le plus de choses possible (hôpitaux, centres de rééducation, IME…) ! Comme en première année, vous vous répartissez les terrains entre vous dans la promotion, selon un ordre de choix établi.
Pour ce qui est de la pratique, il n’y a plus que quelques TP dans l’année, notamment ceux de gymnastique médicale, ou sinon les dits « TP de rééducation » qui sont en réalité des cours à part entière mais en petit groupe.

Ndlr : solution de l’établissement pour qu’on soit obligé d’y assister, je suppose !

Les examens se déroulent comme en K1,  c’est à dire en trois sessions d’examens réparties sensiblement de la même façon. Surtout en K2 où la masse d’information à apprendre est importante.

En stage vous aurez aussi des évaluations, en général 2 à 3 mise en situations professionnelles (ou MSP), 1 en début et 1 en fin et parfois en milieu de stage. Les MSP en K2 portent surtout sur le bilan qu’on effectue sur un patient connu devant le tuteur et un professeur de votre institut. En K3 vous allez devoir en plus du bilan effectuer des gestes de rééducation sur le patient. Et il faut aller vite, vous n’avez qu’une demi-heure.

À l’IKPO, vous aurez de surcroît la mise en situation clinique (ou MSC), elle peut survenir n’importe quand dans l’année et dans n’importe quel stage, vous n’en aurez qu’une seule dans l’année et vous ne connaîtrez la note qu’en fin d’année. Elle fait partie du module « Technologie », et est coefficientée 2 en K2 et 4 en K3.

2-3-2. La K2 et la K3 à l’IFMKNF

Ndlr : comme précédemment je ne redétaillerai pas certains éléments, mais je vais parler de quelques différences d’organisation.

Pour la K2, c’est stage tous les matins et cours les après midi. En K3, c’est une alternance de stages temps plein et de cours, d’un mois à chaque fois. Il y a minimum une MSP par stage.

En plus de cela, il y a un stage dit « mémoire » à faire pendant l’été entre la K2 et la K3, comme à l’IKPO. Il est choisi selon le classement des élèves qui est établi sur toutes les notes de la 2e année.

Les examens en K2 s’alterne aussi sur le rythme des 3 semaines et en K3 le rythme passera à toutes les deux semaines jusque début mars. Ce sera ensuite le temps de la préparation de la MSP finale et de la soutenance de mémoire.

3. Après l’obtention du diplôme d’état

3-1. Salarié ou libéral ?

Ça sera à vous de le décider, c’est comme vous le sentez, mais cela dépendra aussi de votre portefeuille. Il faut savoir que s’installer immédiatement après être sorti de l’école va vous demander des moyens financiers assez conséquents (sans compter qu’en étant jeune kiné, il faut peut être vous faire un peu plus la main avant de vous lâcher complètement dans la nature !). Il serait peut être plus judicieux de commencer en tant que salarié afin de faire grandir un capital financier et vous installer en parallèle. Enfin quoi qu’il soit, le choix dépend de vous !

Si vous voulez plus d’informations à ce sujet, ce guide proposé par la FNEK pour aidera probablement : http://www.fnek.fr/sites/default/files/GJMKDE%20BD.pdf

3-2. La formation continue

Après l’obtention du diplôme, les nouveaux kinésithérapeutes peuvent bénéficier, pour maintenir leurs connaissances, d’une formation continue tout au long de leur exercice professionnel, soit dans le cadre universitaire (diplômes universitaires), soit par le biais d’organismes de formation associatifs ou à but lucratif.

Ces formations permettent d’accéder à des niveaux d’expertise dans les domaines juridiques, ergonomique, social… Ainsi, la kinésithérapie étend actuellement son champ dans les domaines de l’éducation, la prévention et l’orientation au delà de ses classiques actions curatives et palliatives, aussi bien dans les secteurs de la santé, du social que du sport et du « bien-être ».

Le prix de ces formations varie de façon importante, puisque les universités peuvent fixer librement les frais de scolarité d’un diplôme d’université à la différence des frais des diplômes nationaux. En général, cela varie de quelques centaines d’euros à plus de 3000 €.

Après quatre ans d’exercice à temps plein, un masseur-kinésithérapeute peut également prétendre à accéder à un Institut de formation de cadre de santé, lui offrant des perspectives professionnelles d’encadrement et/ou de formation. Ces cadres de santé kinésithérapeutes peuvent également prétendre ensuite à des grades de cadres supérieurs ou des directeurs de soins, après concours, dans la filière rééducation dont ils sont issus.

Vous découvrirez que la formation continue en kinésithérapie est très vaste, c’est pourquoi je ne peux énumérer tous les DU possibles. C’est pourquoi, pour obtenir des informations plus exhaustives à ce sujet, ce guide fourni par la FNEK pourra vous être très utile : http://www.fnek.fr/sites/default/files/GFC%202011%20Basse%20D%C3%A9finition.pdf

De façon non exhaustive, voici les exemples de formation complémentaires universitaires possibles sont pour Lille 2.

3-2-1. Dans le domaine sportif : le DU kinésithérapie du sport

L’intervention du masseur-kinésithérapeute, dans le domaine sportif, nécessite de plus en plus de connaissances spécifiques pour appréhender au mieux les besoins et les obligations d’un patient particulier : l’athlète. À travers une approche pluridisciplinaire, l’objectif de la formation est de permettre aux kinésithérapeutes d’optimiser ses compétences théoriques et pratiques dans le domaine de la kinésithérapie du sport.
http://scfc.univ-lille2.fr/fileadmin/Formations/Kinesitherapie_et_Podologie/DU_KINE_DU_SPORT.pdf

3-2-2. Dans le domaine musculo-squelettique : le DU thérapie manuelle

Formation qui a pour but de mettre à jour les connaissances en thérapie manuelle et mobilisations articulaires utilisées dans l’exercice de la masso-kinésithérapie, mais aussi d’acquérir des connaissances complémentaires et approfondies en biomécanique, pathologie du système neuro-musculo-squelettique, examen et traitement par la thérapie manuelle.
http://www.kine-lille.com/professionnels/d-u-therapie-manuelle

3-2-3. Dans le domaine de la prévention, promotion de la santé et ergonomie : DU ergonomie, DU éducation thérapeutique et maladies chroniques
http://www.fnek.fr/sites/default/files/GFC%202011%20Basse%20D%C3%A9finition.pdf

4. Réforme à venir de l’enseignement en Masso-Kinésithérapie

Informations venant des communiqués de presse de la FNEK.

Le 28 octobre 2011,  monsieur Laurent Wauquiez, ex-ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, et monsieur Xavier Bertrand, ex-ministre de la santé, ont adressé à la Fédération Nationale des Étudiants en Kinésithérapie (FNEK), adhérente à la FAGE, et aux syndicats professionnels représentatifs, la décision d’arbitrage pour la réforme de la formation initiale, en cours depuis septembre 2007.
Les deux ministères se sont ainsi prononcés sur :

  • la reconnaissance de la formation au niveau Master 1 : la formation est initialement reconnue d’un niveau bac+2 (la K1 représentant un cycle, la K2/K3 un deuxième) ;
  • une sélection universitaire harmonisée et généralisée d’ici 2017 : il subsiste des écoles où la sélection se fait après l’obtention du baccalauréat ;
  • la reconnaissance de la formation avancée au niveau Master 2 : c’est le point un peu flou de cette réforme.

Les jours ou mois à venir nous donneront de meilleurs informations.

C’est une avancée historique concernant la formation des MK, néanmoins, l’avancée de ces réformes  amènent à se poser plusieurs questions :

  • la FNEK s’interroge ainsi sur les modalités de mise en place d’une sélection par PACES dans certaines régions. En île-de-France notamment, le trop grand nombre d’IFMK et le statut à but lucratif de certains sont autant de freins à la mise en place de cette réforme ;
  • les ministères de la Santé et de l’Enseignement Supérieur ne se sont toujours pas positionnés sur la reconnaissance des diplômes d’état délivrés avant la réforme (seront-ils reconnus à Bac+2 ou au niveau Master 1 ? Les diplômés auront-ils accès aux Master 2 ?) ;
  • de plus, la création des Master 2 de « spécialisation » amène de nombreuses questions (quelles spécialités seront crées ? Le ministère compte-t-il établir un cadrage national de ces spécialités ?).

5. Conclusion

Les études en masso-kinésithérapie sont denses et vivantes. C’est une profession essentiellement manuelle qui s’apprendra le plus sur le terrain ! Bon courage !

6. Liens utiles

IKPO : http://www.ikpo.asso.fr/
IFMKNF : http://www.kine-lille.com/
FNEK : http://www.fnek.fr/

Article de Julien F. (IKPO), co-écrit avec Denis G. (IKPO), Jordan H. (IKPO), Sebastien P. (IKPO), Mickaël D. (IFMKNF),