Qui peut faire une P.A.C.E.S. ?

1. Les prérequis administratifs

Dans l’absolu, il n’y a pas de conditions spécifiques pour accéder à la première année des études de santé (P.A.C.E.S.) : tout titulaire du baccalauréat (ou équivalent) peut demander à y entrer.

1-1. Les diplômes demandés

Ainsi, il faut que le futur étudiant soit au minimum en possession d’un des diplômes suivant :

  • Baccalauréat général (S, ES, L)
  • Baccalauréat technologique
  • Baccalauréat professionnel
  • Diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU)

La date d’acquisition de ce diplôme n’a pas d’importance.

1-2. Les particularités

Le futur PACES peut être un bachelier récemment sorti du lycée, mais également correspondre à d’autres profils de personnes tels que des étudiants dans d’autres filières ou encore des professionnels (paramédicaux par exemple) souhaitant se reconvertir.

Il existe ainsi de multiples cas de figures, pour lesquelles une démarche particulière lors de
l’inscription est à suivre. N’étant pas ici le sujet nous ne donnerons que le lien du site web de l’université vous permettant d’obtenir plus de renseignements : http://www.univ-lille2.fr/inscriptionscolarite.html.

Dans la majorité des cas (bacheliers de l’académie de Lille), une simple inscription sur le service de l’académie « post-bac » suffit.

1-3. Les clauses exclusives

Sont exclus des études médicales (et donc de la PACES) :

  • Tout étudiant ayant déjà échoué cette année d’étude à deux reprises (sauf dérogations
  • Un étudiant primant étant trop mal classé à l’issu d’un partiel doit valider une année de licence avant de faire une dernière « tentative » de P.A.C.E.S.

2. Le bagage du futur étudiant

Donc, on l’aura compris, presque « n’importe qui » peut s’inscrire en PACES, néanmoins il faut garder en tête qu’inévitablement, certaines personnes n’auront que très peu de chances de réussir leur année.

En effet, la PACES est une année, de nature, très sélective, et le sera d’autant plus pour certains. Nous allons donc voir, non pas « qui peut rentrer en PACES ? », mais « qui a des chances d’en sortir ? ».

2-1. Quel bac ?

Statistiquement, presque 99 % des étudiants réussissant leur PACES sont titulaires d’un bac scientifique. En effet, il s’agit du bac conseillé pour optimiser ses chances de réussite : même si cette première année d’étude implique beaucoup d’apprentissage par cœur ne nécessitant guère de connaissances préalables scientifiques, un esprit un peu rodé scientifiquement facilite la compréhension et donc l’apprentissage des cours.

Ainsi, avoir suivi un cursus scientifique pendant le lycée aidera avec une certaine mesure l’étudiant dans beaucoup de matières enseignées.

À ce titre, le bac SMS (sciences médico-sociales) peut également convenir, mais les statistiques des deux dernières années montrent que les étudiants titulaires de ce bac réussissent relativement moins bien qu’un étudiant titulaire d’un bac général.

Les autres filières du bac général (économique & social, littéraire) ne sont pas forcément contre-indiquées pour la réussite de l’étudiant. Une mise à niveau en matières scientifiques est néanmoins à envisager avant l’entrée en P.A.C.E.S.

En revanche les autres filières technologiques (STG, ST2S…) et professionnelles sont largement contre-indiquées : il est conseillé pour ces personnes qui envisagent tout de même des études de santé de faire une licence scientifique (ou autre moyen de mise à niveau) avant d’entrer en P.A.C.E.S.   

2-2. Quelles connaissances ?

La P.A.C.E.S. est une année où on repart de zéro : on vous redira que c’est le noyau des cellules qui contient l’A.D.N. par exemple.  Donc, a priori, rien d’extraordinaire.

Néanmoins, même si absolument tout sera (re)-dit, les cours iront à une vitesse telle, qu’il est nécessaire d’avoir un minimum de bagage scientifique pour comprendre « de quoi ça parle » déjà en cours. Il est donc conseillé d’avoir tout simplement les bases scientifiques très générales enseignées au lycée sur les sujets tels que :

  • Acide/Base et Oxydoréduction
  • Formules et autres notions élémentaires de chimie (Qu’est-ce que le nombre d’Avogadro… ?)
  • Radioactivité, ondes, et optique
  • Probabilités et statistiques
  • Connaissances générales de biologie (qu’est-ce qu’une cellule, une hormone, une glande… ?)

Toutes ces notions sont normalement traitées en première/terminale S. Depuis les nouveaux programmes, préférez la spécialité SVT où vous seront expliqués des mécanismes physiopathologiques, comme celui du diabète (pas indispensable du tout mais assez intéressant). La spé physique n’a plus vraiment d’intérêt car l’optique n’y est plus traitée.

2-3. Et la mention au bac… nécessaire pour la PACES ?

Non, absolument pas. Néanmoins, les résultats obtenus au bac peuvent être une bonne indication de vos chances de réussir votre année du premier coup. Compter environ :

  • 50% de réussite pour une mention très bien
  • 15% pour une mention bien
  • 5% pour une mention assez bien
  • Très faible si pas de mention

Les chances de réussite se rééquilibrent légèrement pour l’étudiant redoublant.

Les statistiques complètes sont disponibles sur ce lien : http://paces.univ-lille2.fr/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/examens/2011-2012analyse.pdf&t=1371261059&hash=984fcb99a338e4c417a08081512e52c5c940045e

Donc : avoir le bac sans mention n’est pas rédhibitoire, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une année extrêmement difficile sur le plan intellectuel, bien plus que la terminale.

À l’inverse, avoir une mention « très bien » (même obtenue très largement) ne garantit absolument pas un passage en année supérieure, car pour réussir, l’étudiant doit posséder des qualités très particulières, qui ne se reflètent pas forcément dans la note obtenue au bac.

2-4. Le cas des étudiants non bacheliers de l’année

Si vous n’avez pas eu votre bac cette année, dans l’absolu, rien ne vous empêche de vous inscrire en P.A.C.E.S., mais contrairement aux bacheliers de l’année, vous n’êtes pas prioritaire pour vous inscrire en P.A.C.E.S.. L’administration de la faculté va tout d’abord recenser le nombre d’étudiants bacheliers de l’année souhaitant s’inscrire en P.A.C.E.S., puis comptabilisera le nombre d’étudiant en P.A.C.E.S. autorisés à redoubler (les carrés), et en fonction du nombre de places restantes, permettra à des étudiants de s’inscrire en P.A.C.E.S. (la section « s’inscrire en P.A.C.E.S. » détaillera plus précisément la démarche d’inscription).

3. Les qualités du P1

En plus de ses facultés intellectuelles qui peuvent l’aider pour passer son année, l’étudiant doit être absolument doué de plusieurs caractéristiques qui le porteront tout au long des deux semestres.  

3-1. La motivation

Vous en retrouverez des tas et des tas dans divers témoignages d’anciens PACES sur cette formidable allié. C’est ça qui vous fera lever le matin à 6h30 et qui vous obligera à continuer de bosser jusque tard le soir. C’est ça qui vous donnera le courage de dire « non » à vos potes de STAPS quand ils vous proposeront de sortir le soir. Et quand la motivation s’en va, vos espoirs de passer en deuxième année la suivent bien vite.

En règle générale, dans l’idéal, avoir votre année doit plus vous stimuler que n’importe quoi d’autre.

3-2. La capacité d’adaptation

C’est un autre élément fondamental pour la réussite. Il s’agit bien plus qu’une simple transition collège/lycée. Là c’est un changement radical dans votre manière de vivre et de travailler pour au moins un an. Certains étudiants n’ont pas assez d’un semestre pour trouver une méthode de travail et un rythme qui leur conviennent, et ça leur est souvent rédhibitoire. Il faut donc s’adapter sur tous les plans : la prise de note, la méthode et la quantité de travail, conserver un minimum de vie sociale, réussir à dormir un maximum malgré tout, rester en bonne santé (bien s’alimenter et faire un peu de sport…). L’équilibre entre tout ça, ce n’est pas forcément très simple à le trouver mais c’est à vous de le déterminer, rapidement.

3-3. L’organisation

Amis bordéliques, ce paragraphe est pour vous ! L’organisation doit concerner deux niveaux : l’organisation de « l’espace » (vos cours), et celle du « temps » (vos journées).

  • Organiser ses cours : ne jamais céder à la tentation, par exemple, de mettre un cours de physique dans le classeur de sciences humaines sous prétexte qu’il est plus proche et que « je rangerais tout à l’heure ». Vous faites ça une fois, deux fois, après, pour retrouver ce que vous cherchez, ce sera très long, et le temps c’est plus que précieux.

  • Organiser ses journées : Il peut être intéressant de faire des plannings (même si vous avez du mal à les respecter, cela permet de fixer des objectifs écrits, et de constater l’ampleur de votre retard (oui parce que quand on ne respecte pas un planning en PACES, ce n’est pas parce qu’on est en avance ! )). Vous pourrez ainsi avoir un œil critique sur le travail produit. Si vous êtes allergiques aux plannings, soyez un minimum clair dans votre tête : il faut que vous sachiez dès que vous rentrez quoi faire et pour combien de temps. Cela permet également de ne pas s’attarder sur des matières en laissant dans l’abîme d’autres.

3-4. L’entourage

Étudiantes à la faculté ou non, il vous faut des personnes qui vous motivent, qui vous poussent et qui vous aident à tenir la distance. Votre binôme, votre meilleur(e) ami(e), votre parrain/marraine, idéalement votre famille. Ces personnes, ce sont elles qui vous redonneront confiance quand vous serez persuadé de ne pas être à la hauteur.

En ce qui concerne le/la petit(e) copain/copine, c’est à double tranchant. Il/elle peut s’avérer être un atout majeur dans les moments difficiles, mais des limites à déterminer doivent être posées tout du long de cette année pour éviter que cette relation ne vous sape le temps nécessaire au travail à fournir.

Dans tous les cas, rare est celui qui réussit son année en ayant laissé famille et amis derrière lui à des milliers de kilomètres pour deux quadrimestres.   

3-5. L’autonomie & l’endurance

La P.A.C.E.S. se réussit tous les jours en bossant, mais elle peut se louper en moins d’une semaine au moindre relâchement. Il ne faut tout simplement jamais s’arrêter pendant 8 mois, et sans arrêt se relancer spontanément dans son travail

3-6. La mémoire

C’est l’une des clés de l’année. Soit vous avez une mémoire importante de manière innée, soit vous aurez à trouver une méthode de travail qui vous favorisera la mémorisation de nombreuses informations.

3-7. Le sang-froid

La pression est dure à gérer pour certain en P.A.C.E.S., et ce, tout du long de l’année. Vous n’aurez pas forcément le temps d’aller courir le soir pour décompresser, et donc il faudra prendre sur soi. Ne pas paniquer, car la panique vous fait perdre tous vos moyens. Bien sûr, quand ça ne va vraiment pas, appelez votre meilleur pote, criez, pleurez, arrachez-vous les cheveux (pas vos cours hein, ce serait con ! ), mais surtout, remettez-vous vite au boulot. La pression est donc grande, et il faut apprendre à la contenir.

4. What else ?

Pas grand-chose de plus. La PACES a beau être une année compliquée, elle ne nécessite pas d’avoir un Q.I. et des compétences comparables à celui d’un géni mutant. Parmi tous les éléments sus cités, chacun d’entre eux permettent d’apporter une pierre à l’édifice de votre réussite.   

Il ne faut pas oublier que ce qui prime avant tout c’est le travail que vous fournirez cette année et la capacité que vous aurez à le rendre productif.

En cas de doute sur vos capacités à faire une PACES, remplissez la fiche d’orientation active proposée par la faculté : http://paces.univ-lille2.fr/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/organisation/questionnaire-sante.pdf&t=1371312762&hash=50cd6790b762383af1088a4c94eb0638c2887c3a