Le redoublement

Les résultats viennent de tomber et, ça y est, la nouvelle est officielle : c’est reparti pour une année ! Évidemment, on sait tous qu’il n’y a aucune honte à redoubler sa PACES, que ce n’est pas grave, que c’est très fréquent, etc. Et pourtant, notre première réaction, c’est d’être déçu et/ou désappointé. C’est grave, dites-moi ? Non, c’est humain !

Le tout, c’est de se reprendre et de se remotiver. À première vue, on a l’impression de signer pour une nouvelle année au bagne. Mais contrairement aux apparences, redoubler, ce n’est pas l’enfer, loin de là !

1. Les pièges à éviter quand on vient d’apprendre que l’on va doubler

1-1. Laisser tomber

Ne serait-ce qu’une microseconde, on y a tous pensé : « je me suis vraiment donné à fond, ça n’a servi à rien, j’arrête les frais là ! ». C’est humain de le penser mais, au fond, totalement erroné. Si l’on redouble, ce que l’on aura fait lors de la première année sera loin d’être perdu : ce sera déjà ça d’acquis ! De plus, gare aux décisions hâtives qui risquent de tourner aux regrets avec le temps (« Si j’avais su, j’aurais doublé… Mais maintenant que je suis dans la vie active, je ne me vois pas refaire des études »).

1-2. Se démotiver

Une fois de plus, il est normal de passer par une phase de démotivation. Cependant, là encore, il faut veiller à ce que ne s’éternise pas ! Et puis, c’est le moment d’apprendre à relativiser : vous étiez venu dans l’espoir d’obtenir votre concours. Et si ce n’est pas cette année, ça sera l’année prochaine. Qu’est-ce qu’une année dans une vie ? La PACES est certes une année qui peut s’avérer démotivante et déroutante mais gardez toujours à l’esprit la raison pour laquelle vous avez souhaité vous lancer dans cette année difficile : une vocation !

1-3. Perdre confiance en ses capacités

Lorsque l’on apprend que l’on va doubler, une remise en question est certes nécessaire (nous traiterons d’ailleurs de ce point ultérieurement) mais il ne faut pas dramatiser… Rater son concours, ce n’est pas la honte, ce n’est pas nécessairement que l’on n’a pas (ou pas assez) travaillé, ce n’est pas parce qu’on est mauvais, ce n’est pas du tout être un loser… Un concours reste un concours.

Sous le coup de la déception, on a même tendance à croire que redoubler n’amènera à rien, que l’on n’a pas le niveau, etc. Ceci est évidemment faux puisqu’avec la réforme de 2010 appliquée à partir de 2011, le redoublement est interdit au-delà de 2,5 fois le numerus clausus.

En clair : si vous êtes autorisés à redoubler, c’est que l’on part du principe que vous avez vos chances de réussir la deuxième année !

En conclusion, prenez le temps de digérer la nouvelle avant de prendre une quelconque décision ! Une fois que vous serez plus sereins, vous pourrez regarder la situation d’une manière plus objective. D’ailleurs, on y vient, à l’évaluation de la situation.

2. Est-il opportun de redoubler ?

2-1. S’interroger en fonction de ses résultats

Il est impossible de déterminer jusqu’à quelle « limite » exacte un redoublement est opportun. Toutes les situations sont particulières. De plus, il ne faut juger la situation seulement en fonction du résultat, mais aussi en fonction de ce qui l’explique. Un « mauvais » classement lié à un manque de travail peut certainement être amélioré, alors que ce n’est peut-être pas le cas dans toutes les situations. C’est à vous d’en juger. Bref, il est important de se montrer objectif par rapport à ses résultats. Pour plus d’informations sur ce point, se référer à l’article « Interpréter ses résultats ».

2-2. Et la motivation ?

Un redoublement n’est opportun que si la personne souhaite véritablement redoubler, souhaite véritablement continuer dans cette voie. Il n’est donc pas conseillé de redoubler si l’on s’est rendu compte depuis un moment qu’au final, ce n’était pas du tout ce à quoi l’on s’attendait, et que ça ne plaît pas du tout. La motivation et la volonté personnelle restent des éléments moteurs primordiaux.

2-3. La décision de redoubler (ou non !) est une décision personnelle

Quelle que soit la situation face à laquelle vous vous trouvez, la décision de redoubler – ou non – n’appartient qu’à vous. L’avis de vos proches est très important et doit être pris en compte. En effet, ils ont une autre vision de la situation et recouper leur vision des choses avec la votre est toujours instructif. Cependant, veillez à ne pas vous laisser influencer : il serait dommage de redoubler alors que vous ne le souhaitiez pas parce que vos proches vous l’ont conseillé ou, a contrario, d’abandonner parce que vos proches vous ont conseillé de vous réorienter vers une filière moins sélective.

3. Quelques petits clichés : qui est le doublant ?

3-1. Le doublant, un fauteur de troubles ?

Sûrement un des plus anciens clichés de médecine : les doublants qui tyrannisent les primants, les empêchant d’écouter les cours, les poussant à bout, transformant les amphis en zoo… Stop ! Vous venez de faire une année en médecine, vous savez comment ça se passe. Oui, il existe des doublants particulièrement pénibles. Mais il en existe aussi qui savent s’amuser sans compromettre la réussite de quiconque et d’autres que l’on n’entend jamais. Si l’on a souvent l’impression que les doublants sont des fauteurs de troubles, c’est que, forcément, on remarque toujours la minorité bruyante et gesticulante… Et jamais la majorité drôle mais sensée ou la majorité silencieuse ! Et puis, ce n’est pas une caractéristique de doublant, de pouvoir se comporter de manière agaçante voire énervante… Chez les primants comme chez les doublants, on retrouve les trois catégories citées plus haut dans les mêmes proportions : les fauteurs de troubles, les clowns et les calmes.

3-2. Le doublant, un galérien ?

Autre image souvent présente à l’esprit : le doublant complètement obnubilé à l’idée que « c’est sa dernière chance ». Dis comme ça, forcément, on a l’impression de ne pas se trouver loin du mélodrame. Certes, se dire que c’est l’année ou jamais pour réussir, c’est stressant. D’un autre côté, ce n’est pas comme si l’on partait de rien : à la rentrée, le doublant arrive avec un bagage non négligeable et avec, statistiquement, 50 % de chances d’obtenir son concours à la fin de l’année. 50 %, dans une filière aussi sélective, c’est loin d’être négligeable… Mieux vaut donc ne pas penser à cette question de la « dernière chance » : la PACES, c’est déjà bien assez stressant comme ça ! Cependant, il existe également des personnes que ça motive. Au final, c’est à vous de voir : si cette question vous stresse, évitez de vous la poser et foncez ; si elle vous motive, c’est tant mieux.

3-3. Le doublant, un touriste ?

Primant, nous avons tous entendu des conservations de doublants qui nous ont affolées : « Tu parles, je n’ai quasiment rien copié, j’ai tout en tête ! ». Autant le dire tout de suite : il y a souvent une part de vérité et une part de vantardise. La part de vérité vient du fait, qu’effectivement, si le cours n’a pas changé, il y a de fortes chances que le doublant s’en souvienne encore. De plus, il est aussi possible qu’il ait utilisé son cours de l’année précédente comme support (d’où le fait qu’il n’ait eu qu’à ajouter quelques annotations…) ou qu’il se repose sur le fait que ce dernier existe. Bonne ou mauvaise tactique ? Là encore, ça dépend des personnes ! Ceci dit, si utiliser son cours de l’année précédente comme support peut s’avérer judicieux, ne rien prendre du tout en se disant « Je l’ai déjà » peut s’avérer catastrophique… La part de vantardise est bien facile à comprendre : franchement, on ne rêverait pas tous de dire, au moins une fois dans notre vie, qu’en prenant à peine le cours, on a l’impression de tout savoir ou de tout avoir compris ?

Cette image reste tout de même un cliché dans la mesure, où, là encore, ce n’est pas une caractéristique propre aux doublants. Chez les doublants comme les primants, on retrouve les mêmes catégories : ceux qui sont attentifs et notent tout scrupuleusement, ceux qui en écrivent le moins possible, ceux qui n’écrivent pas du tout, ceux qui font de leur mieux pour prendre le cours de manière précise – avec plus ou moins de résultats –, etc.

4. Comment profiter de son redoublement efficacement ?

4-1. Faut-il travailler entre deux PACES ?

On s’était posé la question : « faut-il travailler avant de commencer la PACES ? ». Et bien voici la version après une petite mise à jour : « faut-il travailler entre ses deux PACES ? ».

Oui et non. Non, parce que, vous l’aurez remarqué, la PACES est une année épuisante donc il vaut mieux profiter de ses vacances pour se détendre et se reposer. Vous avez travaillé toute l’année, vous avez bien mérité ce repos ! Toutefois, effectuer quelques révisions peut être bénéfique. Par exemple, c’est éventuellement l’occasion de revoir LE chapitre sur lequel vous aviez fait l’impasse par manque de temps au cours de l’année, histoire de ne pas repartir avec une écharde dans le pied.

4-2. C’est l’occasion de changer de méthode !

Le redoublement doit amener à se poser la question suivante : « pourquoi mon travail n’a-t-il pas payé ? ». Les raisons peuvent être diverses : manque de travail, manque de concentration, mauvaise organisation, mauvaise prise de notes entraînant des cours incomplet, manque d’entraînement aux QCM… L’heure est venue de faire une petite liste des éléments qui vous ont pénalisé et de chercher comment améliorer ces différents points l’année à venir.

4-3. Travailler plus efficacement

Quand on arrive en PACES, on ne sait pas forcément comment on doit s’organiser, etc. Maintenant qu’on a pris le rythme, que l’on sait où l’on a fait des erreurs, on va pouvoir travailler plus efficacement.

Par exemple, primant, l’une des difficultés majeures est de trouver le temps de s’entraîner aux QCM, malgré les nombreux cours à apprendre. En doublant, on met moins de temps à apprendre ses cours donc on a plus de temps pour faire des annales.

4-4. J’ai même des amis…

C’est peut-être cliché, mais ça se vérifie souvent. En général, entre primants, l’ambiance est franchement à la compétition. Du coup, à moins de connaître des personnes avant d’arriver à la fac ou de copiner avec son/sa binôme que l’on ne connaissait pas forcément à la base, on se retrouve souvent seul (ou très peu entouré) étant primant. Étonnamment, d’une année sur l’autre, les choses peuvent basculer. Entre doublants, il existe un certain esprit de cohésion qui fait qu’au final, on est rarement seul, à moins de le souhaiter.

Comment expliquer la différence d’une année sur l’autre ? Les explications peuvent être diverses. La plus probable est que, quand on redouble, on relativise et l’on réalise que, tant qu’à faire de se trouver dans une filière stressante, mieux vaut ne pas la vivre tout seul dans son coin.

4-5. Côté stress

Le stress est un élément éminemment personnel. Globalement, la seconde année de PACES est moins stressante car l’on a moins de difficultés à prendre et apprendre les cours, parce que l’on s’organise mieux, parce que l’on a des amis avec qui plaisanter entre deux cours et sur lesquels on peut compter en cas de problème… D’un autre côté, la « dernière chance » a de quoi faire stresser. Ceci dit, comme expliqué plus haut, mieux vaut ne pas s’encombrer l’esprit avec un élément susceptible de vous freiner dans votre travail. Le temps passé à se dire « c’est ma dernière chance… » est du temps perdu pour travailler ou se détendre. Bref, redoubler, c’est peut-être aussi un moyen de vivre sa PACES plus sereinement.

5. Conclusion

La PACES est une année qui se vit très différemment d’une personne à l’autre. Mais une seule chose est sûre : redoubler sa PACES, c’est l’occasion d’en faire ce que l’on souhaite qu’elle soit dans nos souvenirs !

Alors maintenant, on sourit, on remise l’idée d’être un(e) futur(e) malheureux(se) doublant(e), et on branche le mode « Futur(e) carré(e) en quête de réussite. Et fier(e) de l’être. ».