Vivre la P.A.C.E.S.

1. La P.A.C.E.S., mythe ou réalité ?

Famille, amis, étudiants en années supérieures, tu as sans doute entendu une multitude de discours au sujet de cette première année de médecine. Tous se raccordent sur un point, la P.A.C.E.S. est une année difficile et seuls ceux qui l’ont vécue peuvent objectivement s’en rendre compte. Il faut pour autant savoir que ce n’est absolument pas l’année la plus ardue des longues études qui t’attendent mais l’enjeu est considérable, car tu prépares un concours et que seules deux chances te sont accordées pour réussir.

Nous sommes arrivés en P.A.C.E.S. avec l’idée d’être confrontés à un mur qu’il était quasiment surhumain de franchir en une seule année et même en deux ans. En effet, cette année d’étude nous a toujours été présentée comme étant un véritable enfer de quoi vraiment nous apeurer dès le début de l’année. Cependant, notre opinion s’est rapidement forgée et fut unanime : la P.A.C.E.S. dépend de la façon dont TU la vis. « Finalement, c’est pas si terrible », « Je m’attendais à pire », « En fait, on en fait toute une histoire mais c’est pas horrible » furent des réflexions qui ponctuaient régulièrement nos conversations dès la fin septembre. Cette année n’est certes pas une année de bonheur intense, mais nous sommes tous d’accord sur le fait qu’elle restera un excellent souvenir et une véritable expérience qu’on ne peut pas regretter.

Si tu devais retenir une seule chose, c’est que chacun vit ou subit son année différemment au gré de son ressenti.

2. Mieux vivre sa P.A.C.E.S.

2-1. Les amis en P.A.C.E.S.

Là encore cela dépend de ton caractère. Le fait que nous étions un groupe d’amis du lycée a été pour nous un facteur indispensable au maintien de notre moral. Certains en revanche auront préféré s’isoler, d’autres encore n’auront jamais réussi à faire connaissance durant leur année sans pour autant que cela ne les handicape. La présence d’amis était pour nous clairement un « avantage », mais il ne faut pas croire que l’absence de connaissances soit un malus.

Manger ensemble à la faculté, s’appeler de temps à autres, passer les uns chez les autres à l’occasion, s’attendre à la fin des cours, ces petites habitudes qui ponctuent un quotidien monotone et qui peuvent facilement égayer une journée de dur labeur. Bien sûr, tu te rendras vite compte que tes sujets de discussion seront eux aussi bien peu originaux portant uniquement sur tes cours, tes cours, mais aussi tes cours.

De plus, il est idéal pour te changer les idées d’avoir un ou deux amis à proximité qui eux ne sont pas en P.A.C.E.S. Cela permet là un vrai moment de détente et de décontractions pendant lequel tu es certain que vous ne vous éterniserez pas au sujet des cours.

2-2. Merci les carrés !

Les carrés sont tout ce que nous te souhaitons de ne pas devenir. Pour autant, en dépit de leur échec l’année précédente, ils continuent de s’octroyer l’admiration des petits « bizuths ». Là encore, beaucoup de discours sur l’ambiance des cours en amphithéâtre. Tu te rendras une nouvelle fois compte que tout n’est pas à croire et bien au contraire. Beaucoup ont tendance à dire que les cours sont le théâtre d’une complète débâcle, de brouhaha incessant. Les carrés n’interviennent pas dans le but de te piétiner, la prise de cours n’est jamais perturbée par leurs chants ou autres amusettes. N’aie crainte donc, la salle de cours n’est pas un champ de bataille. Au contraire, leurs petites comptines assassines envers les « bizuths » sont toujours bon enfant, et détendent vraiment l’atmosphère de temps en temps, cela ne fait pas de mal de rire un bon coup entre deux cours. Insistons là sur le fait que oui, dans une certaine mesure les carrés permettent de « mieux vivre sa P.A.C.E.S. » car ils contribuent à animer raisonnablement les cours, les rendant un peu moins lassants.

2-3. Le soutien de la famille

À l’image des amis, la famille doit évidemment constituer un pilier pendant cette année d’études. Il faut entendre par là que l’éloignement peut être rapidement difficile à vivre. Lycéens, ne vous empressez pas trop vite de dire que vous avez hâte de « prendre votre indépendance » en allant faire vos études à Lille avec un appartement que vous occuperez la semaine. Étant dans le cas où nos familles vivent à 60 kilomètres de la faculté, il nous a été indispensable de loger sur Lille, tout comme il nous a été indispensable de rentrer chez nous chaque week-end. Le quotidien des cours devient extrêmement lassant et ce rapidement, rentrer chez soi et voir notre famille permettait de sortir de cette « bulle » dans laquelle nous étions enfermés du lundi au vendredi face à nos cours ou en présence de nos amis P.A.C.E.S.

Une nouvelle fois, cela dépend de la façon dont tu vis ton année, mais nous sommes beaucoup à dire qu’il nous aurait été impossible de passer un jour de plus dans notre appartement une fois les cours de la semaine finis. Il faut même avouer que nous finissions par quitter notre maison à reculons pour retourner en cours le lundi matin.

2-4. Les pauses et les sorties

Elles sont indispensables. Le nombre d’heures de cours n’est en lui-même pas harassant (20 heures par semaine au maximum) mais la quantité de travail est exorbitante. Tu finiras même par croire et prouver que finir un stylo bille est réellement possible. Il est délicat de donner des conseils à propos des pauses, car personne n’a la même méthode ni le même rythme de travail.

Nous nous contenterons de te dire qu’il faut rester raisonnable et que tu dois savoir t’arrêter. Bien sûr, rien ne doit être fait dans l’excès, évite voire idéalement bannis totalement les sorties en boîte de nuit ou en soirée trop arrosée. Privilégie un verre entre amis, peut-être un cinéma quand tu sens que tu en as besoin. La PACES ne doit pas être synonyme d’enfermement.

3. Comment donner son maximum pour réussir ?

À quelques exceptions près, tout le monde s’est inscrit en P.A.C.E.S. dans le but de réussir. Combien de fois entendras-tu « j’ai trop envie de l’avoir ! » dans les rangs, alors que tu penseras exactement la même chose. Il est vite angoissant de scruter l’amphi prof d’une capacité d’environ 600 élèves pour te rendre compte que le numerus clausus ne permettra même pas à toute la salle de passer en deuxième année, alors qu’il reste encore 4 autres amphithéâtres bondés de concurrents. À toi cependant de te démarquer.

3-1. La prise de notes

C’est l’une des clés de la réussite en PACES, un réel savoir à maîtriser surtout en étant primant pour mettre un maximum de chance de ton côté ! Une bonne prise de notes correspond à 50 % du travail déjà effectué.

L’ordinateur est conseillé pour la prise de notes en UE 2, UE 5 et en UE 7. Attention en particulier à l’anatomie (UE 5) pendant 4 heures le jeudi après-midi, tu laisseras tomber rapidement la première fois si tu arrives avec papier et stylo. Pour le reste et dans toutes les matières, la prise de notes à la main est tout à fait possible à condition de beaucoup abréger. Elle peut même être conseillée dans certaines matières comme l’U.E. 1 et l’U.E. 4 ! En somme, avoir un ordinateur n’est pas indispensable mais constitue un certain avantage dans la mesure où la mise en page claire et nette, avec un plan, permet une meilleure appréhension dans la majorité des cas.

Prise de note informatisée ou manuscrite, il n’en est pas là l’élément primordial. Il faut surtout que tout ce que le prof a prononcé dans son cours figure sur ta feuille de cours. Aucune phrase, aucun mot ne doit être laissé de côté. Si tu doutes de ta concentration un dictaphone sera le bienvenu. Une bonne partie de la sélection se fait à ce moment, sur le détail que tu auras copié mais que les autres n’auront pas réussi à saisir !

Par ailleurs, certains professeurs notamment en biologie cellulaire (U.E. 2) font des schémas pendant leur discours, sache qu’il n’est pas vraiment utile de les prendre en note, c’est presque une « erreur » de le faire avec certains professeurs.

3-2. « La victoire appartient à celui qui y croit le plus et surtout le plus longtemps »

Cela paraît évident et pourtant, au fil des mois tu auras tendance à revoir tes objectifs à la baisse, avoir ton année primant, puis viser le redoublement, puis éviter les 15% sortants du mois de septembre. Il ne faut jamais baisser les bras face à la montagne de travail qui est en face de toi. La motivation est elle aussi essentielle à ta réussite.
Les quelques passages à vide que tu subiras sans doute pendant ta P.A.C.E.S. sont inéluctables mais ne doivent pas pour autant te décourager. Il est parfois utile de prendre un peu de recul et de faire le point sur ta méthode de travail pour te remettre en question afin de mettre toutes les chances de ton côté.

La motivation est un véritable moteur de travail. Il suffit de penser à des cours que tu ne veux absolument pas subir une deuxième année, à l’intégration des deuxièmes années, à tes vacances dans les années supérieures que tu n’as pas en P.A.C.E.S., bref, toutes ces petites choses qui sauront te requinquer jusqu’aux premières épreuves de décembre.

3-3. Gérer son temps de travail et sa fatigue

La fatigue est parmi tes pires ennemis pendant cette année. Très rapidement elle s’accumulera sans jamais pouvoir être effacée. Il en va de tenir moralement mais aussi et surtout physiquement, car cette année d’études est éprouvante ! Il te faudra trouver des horaires qui te conviennent, surtout n’essaie pas de faire en fonction de tes  amis/concurrents, car personne ne travaille de la même façon ! Il est même envisageable de faire quelques grasses matinées (dans la limite du raisonnable), et conseillé de faire régulièrement des siestes. En effet, travailler 1 heure après une bonne pause sommeil sera beaucoup plus efficace que travailler 2 heures en somnolant.

3-4. Attention à la semaine de révision !

C’est à ce moment que tu trouveras une très grande part de vérité dans ce que l’on t’avait raconté à propos de la P.A.C.E.S. La semaine de révision reste le pire souvenir de notre année d’études. Ne te laisse surtout pas surprendre par la quantité de travail, empêche le stress de te paralyser. Il faut savoir à l’avance à quoi t’attendre, ces quelques jours accordés entre la fin des cours et la première épreuve de concours de décembre sont un véritable calvaire si tu n’es pas organisé et que tu as déjà accumulé un gros retard.

Un planning est un bon moyen de surmonter cette semaine si tu sais le respecter. N’espère pas revoir correctement chaque cours que tu possèdes, car c’est absolument impossible. Ce n’est plus le moment d’apprendre mais de revoir ! Insiste sur les matières à gros coefficient : anatomie (U.E. 5) – biophysique (U.E. 3) – sciences humaines (U.E. 7) !

Un petit conseil cependant, en 2012 et 2011, des cours d’anatomie ayant été dispensés à peine une semaine avant l’épreuve ont fait l’objet de 2 Q.C.M. ! Bien que dépassé par tes révisions, pense aussi à bien lire ces cours que tu auras eu très récemment, car les professeurs savent qu’ils sont mis à l’écart par la plupart des étudiants.

Tu pourras enfin te reposer après les épreuves de décembre avant d’interpréter tes résultats en janvier. Rassure toi, la semaine de révisions de la deuxième partie du concours sera presque une promenade de santé par rapport à la précédente !

4. La P.A.C.E.S. quand on est plus âgé que ses voisins

Comme il à été dit plus haut, la P.A.C.E.S. est une année très difficile : moralement et physiquement (citation de Cikitsaka : « La P.A.C.E.S., c’est un marathon »).

D’abord moralement, car l’année de P.A.C.E.S. est une année avec très peu d’heures de cours (entre 16 et 20h par semaine) mais qui demande beaucoup de travail personnel. La solitude touche donc beaucoup d’étudiants habitués à passer des journées ensemble en cours dans des petites classes (30-40 personnes), ce qui devient difficilement possible avec un placement en amphithéâtre (400-600 places) qui change régulièrement (sauf si, par chance, vos amis sont dans le même département et groupe que vous). Quand on vient du même lycée, il est toujours possible de se constituer un groupe d’amis avec qui aller manger au RU et passer une demi-journée à la BU. Mais c’est plus difficile pour un étudiant se réorientant (scolairement ou professionnellement) et qui se retrouve très souvent seul à son inscription en P.A.C.E.S. La solution du binôme, permet de ne pas passer l’année complétement seul, mais pour certains, l’écart d’âge est un frein à la constitution d’un binôme (souvent proportionnel à l’écart d’age et ce, pour différentes raisons que nous ne détaillerons pas). Pour dédramatiser la situation, il faut d’abord prendre conscience que le milieu de la santé est un milieu orienté vers les autres, et même si toute règle possède des exceptions, les personnes inscrites en P.A.C.E.S. sont très souvent des personnes ouvertes d’esprit. De plus l’année de P.A.C.E.S. étant fortement imprégnée de l’ambiance concours, beaucoup de détails n’ont plus la même importance (peut importe la différence d’âge si on progresse bien ensemble).
En clair, la seule barrière qu’il y aura entre vous et les autres étudiants est celle que vous vous imposerez. L’important pour tout le monde est la réussite du concours.

Ensuite physiquement, car l’année de P.A.C.E.S. requiert une organisation « millimétrée » pour revoir un maximum de cours en un minimum de temps. Dans ce contexte, il est très courant de « rogner » régulièrement sur son temps de sommeil pour « terminer un chapitre », « rattraper son retard », etc. Le temps de sommeil, comme la capacité de récupération, sont très variable d’un individu à un autre. Pour certains une nuit blanche peut être rattrapée en une matinée alors que pour d’autres il faudra une semaine complète. Le fait d’être un peu plus âgé que les autres étudiants peut être un atout, car connaissant mieux ses limites, on sait mieux jusqu’où aller. Mais cela peut également être un désavantage, car pour certains, le moindre petit écart peux avoir un impact sur plusieurs jours (et faire perdre à l’étudiant une partie de ses capacités).

En résumé, l’âge ne constitue pas, à mon sens, une réelle barrière, vous vous connaissez mieux, vous mettrez donc moins de temps que d’autres étudiants à trouver un rythme et une méthode de travail. Gardez bien en tête que votre dossier à fait l’objet d’une étude, et que si l’on vous a autorisé à vous inscrire, c’est que l’on pense que vous avez de grande chance de réussir votre année, et surtout dites vous bien que votre âge ne représente qu’un chiffre sur votre carte étudiant, pas la peine de se stresser pour ça, l’année de P.A.C.E.S. vous donnera plein d’autres raisons de stresser :lol: .

Te voilà cartes en main pour réussir cette première année commune aux études de santé !

Justine/Anthony/Clémence et pseudos respectifs Sandqvist/Pedro/-